Les danses de salon

Le terme générique danses de salon est utilisé avant 1950 pour désigner l’ensemble des danses pratiquées dans les bals et les salons qu'elles soit collectives ou à deux et regroupe sous l'appellation « danses Anciennes et classiques » les danses les plus anciennes telles que : La polka, l'Ostendaise, la berline, la badoise, la gigue, la gavotte, le quadrille, la mazurka, la Schottish (Américaine ou espagnole, glissée ou valsée), la valse, la valse à trois temps, le pas de quatre… et sous l'appellation » danses modernes » la plupart des danses à deux actuelles telles que le One step, le foxtrot, le quickstep, le Slow fox, le blues, le tango, le Boston, la valse anglaise, le paso-doble, la rumba.

 

La polka est une danse originaire de Bohême (actuelle République tchèque), à deux temps, de tempo assez rapide, aux rythmes bien articulés.

En musique classique, la gigue est une danse ancienne. C'est aussi une danse traditionnelle française, également connue sous le nom de chapelloise ou, en Ecosse, sous celui de Gay Gordon; dans le sud de la France elle se décline en bourrée. La gigue est une danse à quatre temps qui se danse en couples, deux, ou quatre en général.

La mazurka est une danse de salon originaire de Pologne, très rythmée, à trois temps, de tempo vif et dont les accents se déplacent sur les temps faibles. Elle connut une grande vogue dans les salons européens au XIXe siècle et passa rapidement dans le répertoire populaire des danses de société.

La scottish est une danse de bal et de salon qui se danse en couple, de mesure binaire (2/4), sans rapport avec l'Ecosse. Elle est introduite en Grande-Bretagne en 1848 sous le nom de German polka et apparaît dans les salons parisiens deux ans plus tard sous le nom de shottish. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, elle est renommée scottish du fait des forts sentiments anti-allemands.

Elle s'exécute en couples tournant sur eux-mêmes dans le sens des aiguilles de la montre, tandis que le cortège de couples, disposés librement dans la salle, évolue dans le sens contraire. La danse est complète en quatre mesures :

  • mes. 1 : un pas de polka du pied gauche pour l'homme (du pied droit pour la femme)
  • mes. 2 : un pas de polka du pied droit pour l'homme (du pied gauche pour la femme)
  • mes. 3-4 : quatre pas sautillés en tournant

Comme beaucoup d'autres danses de salon, la scottish est entrée dans le répertoire des danses traditionnelles au XIXe siècle. Elle est également utilisée dans certaines figures du quadrille.

Dans le répertoire folk, elle connaît de nombreuses variations, surtout sur les 4 temps du tourné : pastourelle(s), figures diverses,... Il existe également des variantes à deux couples.

Populaire ou de société, la valse est une danse généralement écrite sur une mesure à 3/4, prise parfois à la noire (valse lente à trois temps binaires) ou le plus souvent à la blanche pointée (à la mesure, à un temps ternaire) cadençant son fameux rythme ternaire et dans laquelle le couple enlacé se déplace sur la piste en tournant sur lui-même.

Le one step est une danse de salon en couple fermé, apparue aux Etas-Unis dans les années 1910.

Sa structure, empruntée au two-step, perdure dans des danses comme le foxtrot.

Le slow fox est l'appellation générale du foxtrot répandue en France et en Allemagne.

Le slow-fox apparut en France en 1917, lorsque les "boys" américains vinrent combattre les armées du Kaiser Guillaume II aux côtés des Alliés. Aux Etats-Unis, elle était connue depuis quelques années et, comme pour de nombreuses autres danses, elle prit naissance parmi la population noire de Harlem à New York.

Ses influences, à l'origine, furent paradoxalement le negro spiritual, le one step et le ragtime. Plus tard, les Blancs prirent la relève et l'allure générale s'assagit alors que les rythmes qui, au départ, étaient assez lents, s'accélérèrent.

Dans les années 20, les orchestres jouaient jusqu'à 180 battements métronomes et, pour des tempos aussi différents, une seule et unique danse ne suffisait pas. Il y eut d'une part le quick fox-trot (qui devint plus tard le quickstep) et, d'autre part, le fox-trot.

Ce sont les professeurs et danseurs anglais qui allaient, au fil du temps, enrichir cette danse et lui donner finalement sa structure actuelle. Les pas les plus importants du slow fox sont "les 3 pas", le "chassé" et surtout "la plume" qui caractérise certainement le plus cette danse. Ce dernier pas ne fit toutefois son apparition qu'au Championnat du monde de danses de salon de 1922 à Londres.

Pour danser parfaitement le slow-fox, il est indispensable de donner à son interprétation une allure toujours mouvante, très fluide, sans temps d'arrêt, en évoluant beaucoup.

Le slow-fox est une danse de compétition parmi les standards, la plus difficile selon les connaisseurs, car il est exclu de l'apprendre autrement qu'avec un professeur.

Le tempo du slow-fox est de 30 mesures (à 4 temps) par minute.

Le tango est une danse de salon et un genre musical rioplatense (c'est-à-dire du Rio de la Plata, principalement Buenos Aires en Argentine) né à la fin du XIXe siècle.

Comme forme rythmique, il désigne le plus souvent une mesure à deux ou quatre temps plutôt marqués, mais avec un vaste éventail de tempos et de styles rythmiques très différents selon les époques et les orchestres.

Le tango comme genre musical englobe quant à lui trois formes musicales rioplatense sur lesquelles se dansent traditionnellement les pas du tango : tangos, milongas et valses. Le bandonéon, intégré au sein des orchestres de tango, composés majoritairement d'instruments à cordes, est traditionnellement l'instrument phare du tango.

Le boston est une danse apparue vers 1880 aux Etats-Unis. Elle se danse sur un tempo lent à trois temps comme la valse lente ou la valse hésitation. Les danseurs en couple fermé marchent en long pas glissés en ligne droite ou en tournant une valse au ralenti. Ils peuvent faire quelques figures.

À Paris, à Londres et ailleurs, cette danse a eu énormément de succès dans les salons de danse entre 1895 et 1907.

Son succès avait plusieurs origines : c'était une danse reposante (après la polka ou la valse), élégante, facile à apprendre (plus facile que la valse, notamment).

La valse anglaise est le type de valse qui se danse le plus lentement. Elle est donc aussi parfois appelée valse lente.

Le Paso doble est une danse espagnole, qui fut à la mode autour de 1920.

Le Paso doble est l'une des danses les plus simples à apprendre au départ. Le pas de base est en effet un simple pas de marche (le danseur part du pied droit, la danseuse pied gauche en arrière). La tenue du couple est classique, mais il faut ensuite, pour adopter le style typique du paso, se souvenir que le danseur y joue le rôle du torero et la femme, celui de sa cape. Le nom paso-doble signifie littéralement "deux pas", probablement parce cette danse est basée sur une simple marche stylisée. C'est dans le contexte des corridas d'Espagne (qui existent depuis le XVIIe siècle) qu'il faut situer les origines du paso-doble. L'entrée des toreadors dans l'arène était accompagnée d'une musique au rythme marqué et au style martial. Au début du XIXe siècle, une danse se développa sur cette musique et dans cet esprit de corrida, lutte entre l'homme et le taureau. Le paso-doble est associé à une mise en scène où l'homme joue le rôle du toréador et la femme joue le rôle de la cape. C'est pour cela que "l'habit de lumière" et l'attitude macho correspond bien au cavalier et la robe rouge et l'attitude provocante correspond à la cavalière. La scène finale du film "Ballroom Dancing" symbolise bien cet état de fait. L'ensemble de la danse consiste donc en un jeu entre le danseur, sa danseuse et le taureau imaginaire.

La rumba est un genre musical cubain, fait de chants et de percussion, qui s'est développé au XIXe siècle dans les milieux afro-cubains de la capitale, La Havane.

La rumba naît dans les patios des solares et les docks du port à La Havane (yambù et guaguanco) et à Matanzas (Siguirya et Columbia) au cours des années 1800 dans les milieux afro-cubains.
Le mot (peut-être dérivé de l'espagnol rumbo, en route…) désigne les fêtes nocturnes où on se rassemble (souvent dans les cours d'immeubles, les « solares ») pour chanter et danser.
C'est une musique faite de chants et de percussions. Au tout début, on utilisait les tiroirs des armoires (cajones) ou des cageots de morue, les caisses des voiles des navires, les boîtes de cigares frappées à mains nues ou au moyen de petites cuilllères en bois (cucharas), mais aussi les congas. Les congas étant les tambours d'origine congo servant aux rituels d'origine batoue (palo, makuta, garabato). Transformation de barriques, sans les fonds et sur lesquels sont tendues des peaux animales séchées. L'influence des ethnies d'origine Nkua (abakua, efi, efo…) est également prépondérante dans la rythmique, le chant et la danse de la rumba.

Il en existe trois formes :

  • La plus ancienne et la plus rapide est la Siguirya, terme que l'on retrouve dans la nomenclature flamenca, ce rythme est à 6/8, extrêmement rapide et se jouait sur les tambours congos. C'est un dérivé de ce qu'on nomme aujourd'hui Palo Congo.

Pelladito était un des rares à savoir le jouer encore. Depuis son décès, plus personne ne pratique cette forme musicale. Seuls les hommes, détenteurs du Malembé, force, énergie originelle, avaient le droit de la danser.

  • Columbia : Ancienne forme, dont le rythme est en 6/8. Née à Matanzas. Expression des travaux agraires et de la sexualité virile, elle est aussi un danse-mime de l'esclave se libérant de ses entraves.

C'est originellement une danse d'hommes virtuose, au rythme rapide. Elle peut servir de joute, chacun son tour montre son habileté aussitôt suivi par un autre qui essaiera de le surpasser.

  • Yambú : Le terme dérive de Yambula, la "tierra de les remolinos", terre des tourbillons. Souvenir des terres africaines des collines Briyumba ou les tourbillons aériens ne sont pas rares encore aujourd'hui.

D'où sa danse traditionnelle qui consiste en tours sur soi, aussi bien des hommes que des femmes. A n'en pas douter, tourner sur soi-même provoque un état modifié de conscience que les populations africaines interprétaient comme le possession par l'esprit des ancêtres. Cette danse un passée de mode est préservée par les générations anciennes, aussi, leur danse est comme eux, fatiguée ! Les plus jeunes qui s'y osent imitent par conséquent les maladresses physiques de l'âge. Il est également mimé sur ce rythme le Saint Lazare-Babalu Aye-Coballende, divinité protectrice des malades et lui-même atteint de la lèpre, cheminant en tremblant appuyé sur des béquilles. Le Yambu débute par une assez longue introduction appelée « diana ». appel de tambour et arpèges de voix, à lo'imitation des sonneries militaires clairon-caisse roulante et également souvenir du lalaeo des gitans d'Andalousie. Puis, le "gallo" (le coq) chante une décima, forme poétique issue du romance andalou, dix vers octosyllabiques, puis c'est le montuno qui progresse jusqu'à sa conclusion par des choeurs de plus en plus courts et une accélération réelle du tempo, évocation des tourbillons sus-mentionnés.

  • Guaguancó : la plus populaire des formes de la rumba à présent.

Les textes narratifs traitent de la vie quotidienne : politique, amour… La danse s'articule autour du « vacunao » à signification érotique, symbolisé par un geste du danseur ou par un foulard qui va attraper la danseuse, et que celle-ci cherche à éviter tout le long de la danse. Dans le guaguancó, le rythme est en 2/2. Ces trois formes musicales sont construites autour de la clave, originairement en 6/8, puis ayant dérivé en 2/2, de par le "remplissage" polyrythmique en 4 débits sur trois décompositions du temps. Par ailleurs et au contraire, dans la columbia, le discours "soliste" du quinto marque fréquemment 4 débits sur la décomposition ternaire des pulsations La rumba est un des genres les plus andalou-africains de Cuba.

Cette musique cubaine aura une grande postérité au Congo dans les décennies qui suivent l'indépendance, l'âge d'or de la rumba congolaise (Franco, Tabu Ley Rochereau…). La rumba congolaise, chantée en lingala, va devenir le soukous et le Ndombolo des quatrième et cinquième générations de la musique congolaise (Koffi Olomide, Papa Wemba...) en incorporant des influences locales et antillaises.

 

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